Les ports incontournables pour voir naviguer ou amarrés les bateaux traditionnels
Vannes, le pont entre ville et mer
Sur le port de Vannes, l’ancien quai à bois, la cale de la Rabine et les pontons du club Nautique sont le théâtre régulier de réunions de vieux gréements. On peut voir, au fil du printemps et de l’été :
- Sinagots : Ces “voiles noires” à la coque ronde, originaires de Séné, sont le symbole flottant du golfe. Des associations locales font encore naviguer Amandine, Jean et Jeanne, ou Mab Er Guip.
- Yoles de Bantry : Ces archets de courses en bois marquent de leur proue élancée certaines régates estivales.
- Lieux de RDV : Le ponton visiteurs à la Rabine et la cale du Club Nautique sont souvent prisés des rassemblements (notamment lors de la Semaine du Golfe).
Le Bono, port de bois et de mémoire
Petit port d’estuaire caché entre Auray et Baden, Le Bono préserve une atmosphère “à l’ancienne”. Des plates s’y balancent près du célèbre pont suspendu, et la gabarre Forban du Bono – classée monument historique – sort régulièrement ses voiles rouges quand le vent s’y prête. L’hiver, les coques carénées sèchent à la Cabane du Forban, vestige rare d’un chantier associatif.
Le port, non motorisé, interdit aux véhicules (ou presque), laisse respirer les coques anciennes, visibles en toute saison. On croise parfois au détour un vieux canot, empreint de lichens et de sel, prêté par une famille locale.
Saint-Goustan : le port d’Auray et ses secrets de marée
Ici, les bateaux traditionnels trouvent un abri sûr dans le cœur ancien du port, protégé par son pont en pierre. La gabare Notre-Dame de Béquerel ou son petit frère la Saint-Pierre y séjournent. Des plates ostréicoles, témoins du passé des vieux ostréiculteurs, se côtoient sur les rives, et certains soirs, des bénévoles racontent l’histoire maritime autour d’un verre, à la terrasse d’un café.
- Un tiers des sorties annuelles de la Saint-Pierre sont ouvertes au public lors d’ateliers-découverte (renseignements à la Maison du Port).
Séné et ses culs noirs : la saga sinagote
Séné fut le berceau d’une flotte unique : le Sinagot, construit pour pêcher à la voile dans le Golfe, remarquable à sa coque sombre et à son plan de voilure simple. L’association les Amis du Sinagot entretient et fait naviguer plusieurs de ces bateaux, organisant des balades commentées et des sorties lors des grandes fêtes (demander programme à la Maison Rose, près du port).
- Autour de Séné, on compte aujourd’hui une quinzaine de sinagots restaurés et navigants (dont trois classés monuments historiques).
La Trinité-sur-Mer : entre course et tradition
Célèbre pour son port de plaisance et ses multicoques de course, La Trinité-sur-Mer abrite aussi une flotte de coquilliers du Morbihan, gibulant entre la tradition et la modernité. Au printemps, on croise sur les pontons la procession hétéroclite des “amis du Biche” (du nom du grand thonier classé de l’île de Groix, souvent invité lors des fêtes nautiques).
Quelques pieds de ponton plus loin, d’anciens bateaux ostréicoles ou gabarres à voile, comme la Passe-Davant, partagent la lumière du soir avec les trimarans du Trophée Jules-Verne.
Port-Navalo et Arzon : le goût du large
A l’extrémité de la presqu’île de Rhuys, Port-Navalo héberge la Belle de Vilaine, réplique d’un sloop traditionnel. Les jours de brise, on la voit passer le phare pour rejoindre Houat ou Hoëdic. Sur les quais, des plates et doris attendent la prochaine sortie.
- Chaque août, le Rassemblement du Mor Braz convoque des dizaines de gréements anciens (prochaine édition : 2024, source : Mairie d'Arzon).
Locmiquélic, Port-Louis et la rade de Lorient : le vivier bigarré
Autour de Lorient, la culture maritime oscille entre monde ouvrier et tradition vivace. Locmiquélic, Port-Louis, mais aussi Groix l’île, arborent dragues à huîtres, misainiers et chaloupes ancienne génération. Nombreux sont les bateaux classés qui sortent au large, notamment lors du Festival Interceltique ou du Temps Fête.