Les chapelles du Morbihan à ne pas manquer pour leurs vitraux
1. Chapelle Sainte-Barbe (Le Faouët) : exubérance, ex-votos et lumières du pays
Perchée sur un éperon rocheux, la chapelle Sainte-Barbe fait parler d’elle pour la vue, la procession de la Trinité et ses ex-votos en bois de bateaux. Mais peu savent que l’écrin de pierre abrite des vitraux du XVe et XIXe siècles, restaurés mais fidèles. On retrouve :
- Des scènes bibliques en camaïeux de rouge et bleu intense, typiques du gothique.
- Une représentation rare de Sainte-Barbe et du dragon, clin d’œil aux légendes locales.
- Des détails sur la vie rurale du XIXe, un vrai témoignage social.
À savoir : la chapelle se visite surtout l’été ou lors des pardons. Prenez le temps d’y passer en fin de matinée, quand la lumière vient lécher la pierre.
2. Chapelle du Saint-Esprit (Auray) : l’envolée contemporaine
Longtemps en sommeil, la chapelle du Saint-Esprit, en plein cœur d’Auray, a retrouvé vie grâce à une restauration de grande ampleur. Le geste fort vient des vitraux modernes signés Antoine Le Bihan (2014), fils du pays. Ici, il ne s’agit plus de bible illustrée : place à l’abstraction, en harmonie avec les pierres brutes et l’ancien hôpital des pèlerins de Compostelle.
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Des verres structurés, jouant avec la lumière bretonne (souvent mouvante, parfois dorée, parfois grise).
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Un hommage discret aux figures maritimes d’Auray – l’ancre, la vague – au regard de la spiritualité.
Les puristes du vitrail ancien ne s’y retrouvent pas toujours, mais l’expérience est sensorielle, moderne, très « Morbihan d’aujourd’hui ».
3. Chapelle Saint-Fiacre (Le Faouët) : la virtuosité du XVe siècle
Classée monument historique depuis 1891, la chapelle Saint-Fiacre accumule les superlatifs. Aux yeux du visitant attentif, les vitraux du chœur, datés de 1557, sont une école du vitrail Renaissance. Celui représentant « La Passion du Christ » est un des plus grands vitraux Renaissance de Bretagne, souvent comparé, pour sa richesse narrative, à ceux de Tréguier.
- Plus de 300 personnages illustrés, certains si petits qu’un guide local parlait de « miniatures pour le soleil ».
- Des détails sur les costumes de l’époque : vrai guide visuel de la mode bretonne de 1550.
- Une restauration exemplaire, confiée en 2018 à l’atelier Helmbold, spécialiste breton.
Le meilleur moment pour s’y rendre ? Quand le soleil joue sur la nef, vers 16-17h. La visite est souvent couplée avec l’art du bois polychrome (poutres sculptées), autre spécialité locale.
4. Chapelle de la Trinité (Priziac) : un chef-d’œuvre caché
Priziac, ce n’est pas la commune qu’on visite en priorité. Mais sa chapelle de la Trinité est un secret bien gardé des amoureux du vitrail :
- Vitraux du XVe siècle à dominance bleue, restaurés avec des verres soufflés à la bouche à l’ancienne.
- Iconographie populaire et militaire (soldats, scènes de chasse, détail rare dans le Morbihan).
- Un effet de lumière « nordique », parfait lors des journées nuageuses.
Le site n’est pas toujours ouvert : se renseigner auprès de la mairie ou profiter des Journées du Patrimoine.
5. Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Lann-Groëz (Guidel) : l’esprit du XXe siècle
Posée au cœur des dunes, Saint-Jean-Baptiste de Lann-Groëz a inspiré les artistes du XXe siècle. Les vitraux signés Jean Le Moal (1979), pilier de la nouvelle école française du vitrail, offrent ici un dialogue apaisant entre mer, vent et foi.
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Techniques de verre éclaté, donnant à la lumière une diffusion sans égale sur le granit blond.
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Thèmes maritimes derrière l’abstraction : filets, vaguelettes, couleurs atlantiques.
La chapelle résume bien le Morbihan contemporain : simplicité, modernité, sens du paysage, et ouverture à l’imaginaire.