Des sentiers qui racontent : quelques itinéraires phares du Morbihan préservé
Le tour du Golfe : la petite mer intérieure, cœur battant du Morbihan
Impossible d’évoquer les sentiers protégés sans parler du Golfe du Morbihan lui-même. La « petite mer » (mor bihan, en breton) est classée Parc Naturel Régional, et de grandes parties de ses rives sont intégrées dans le réseau Natura 2000 (Parc du Golfe du Morbihan).
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Le GR34, dit sentier des douaniers, en fait presque le tour complet. Mais c’est sur la rive sud, entre Séné et Le Hézo, et sur les presqu’îles de Larmor-Baden à Locmariaquer, que le sentier serpente dans les zones les plus sauvages : chenaux vaseux, prés salés, roselières pleines de cris d’huîtriers et d’aigrettes...
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On croise aussi le sentier des marais de Séné, boucle balisée de 6 à 14 km (accès à la Réserve Naturelle, payant, hors sentier GR34), célèbre pour ses 200 espèces d’oiseaux, ses observatoires discrets, ses odeurs de vase iodée.
La réglementation ici est stricte : on ne sort pas du chemin, les chiens sont souvent interdits (ou très tenus en laisse), et on respecte scrupuleusement les zones d’observation, surtout au printemps.
La laie maritime : dunes et falaises de Gâvres-Quiberon
Plus de 2 500 hectares, sur la côte ouest entre la petite presqu’île de Gâvres et Quiberon, sont aujourd’hui protégés au titre du Conservatoire du Littoral et classés Natura 2000 (Conservatoire du littoral).
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Sur la laie de Gâvres-Quiberon, le sentier côtier (GR34, encore lui) traverse un patchwork de dunes, de lagunes, d’étangs, de landes à bruyères. Ici, c’est un paysage rare en France, le plus vaste cordon dunaire du littoral atlantique français. Chaque année, le retour des gravelots, sternes, pluvier à collier interrompu fait événement. C’est le royaume des orchidées sauvages et de la linotte mélodieuse.
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Plusieurs boucles locales, signalées par des panneaux jaunes, permettent de s’écarter du flux, notamment vers les étangs de Kerzine ou les dunes de Kerminihy (Erdeven).
Sur place, la protection est active : zones de quiétude balisées, panneaux explicatifs sur l’évolution des dunes (et sur le rôle des oyats), chantiers de replantation ou de nettoyage. Les passages à vélo et chiens en liberté sont interdits sur les parties les plus sensibles.
En forêt, l’atypique lande de Lanvaux et le bois de Trémelin
On parle moins des terres que des côtes, mais les landes de Lanvaux (au nord du département) offrent, entre Grand-Champ et Plumelec, un réseau de sentiers classés en Espaces Naturels Sensibles.
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À Trélécan, Plaudren et Sulniac, les itinéraires balisés (balisage jaune/bleu, selon la distance) traversent landes acides, bois humides, clairières où fleurit la callune, recoins de tourbière. Magnifiques criques de bruyères, silence à peine troublé par un busard ou une fauvette.
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Le bois de Trémelin (Carentoir), moins couru, accueille pic noir, salamandres, et, pour les plus patients, traces de genette, rare petite carnivore protégée.
Pour ces espaces, les périodes de reproduction sont signalées par des panneaux. Les sentiers larges sont parfois fermés temporairement pour éviter le dérangement.
Les marais de Pen Mané et petite mer de Gâvres
Moins connu que le Golfe, le site des marais de Pen Mané, à Locmiquélic, est une réserve départementale qui se visite à pied ou en vélo, sur chemin balisé (boucle de 5 km, accès parking du site). Point d’observation sur la rade de Lorient, ce site accueille au printemps et en automne des bancs innombrables d’oies, limicoles, chevaliers, spatules...
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En hiver, la magie des levers de soleil sur les herbiers gelés vaut le détour, tout comme la quiétude des roselières.
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Des panneaux pédagogiques jalonnent l’itinéraire, expliquant la gestion hydraulique, la résilience du marais, la présence (rare) de la rainette verte ou de l’éphémère silène maritime.
L’île de Houat et la réserve des Sept Îles
Au large de Quiberon, l’île de Houat est en grande partie propriété du Conservatoire du Littoral. Les chemins (boucle du tour de l’île : 15 km) n’ont rien à voir avec les pistes battues de la côte : tout sent la fleur de roche, la lande salée, l’écume. De nombreux accès à la côte sont interdits pour préserver la nidification du puffin cendré (printemps-été).
On peut citer aussi la réserve naturelle des Sept Îles (Erdeven), accessible uniquement en visite guidée ou lors de sorties ornithologiques, où l’on observe parfois le passage du balbuzard, migrateur venu d’Afrique.